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05.09.2005

Mon rendez-vous aux Assedics

Le 8 avril ne signe pas seulement l'enterrement en grandes pompes du pape Jean-Paul le deuxième, non; le 8 avril 2005 est également le jour de mon rendez-vous au tribunal des chômeurs délinquants: les Assedics. Forte de mon expérience passée au milieu des institutions : emploi et solidarité, je savais très bien que même si le pape était en train d'être enterré, rien n'y ferait: il fallait que je justifie mes indemnités!

J'arrive donc à l'heure dite, et je suis reçue par une employée heureuse visiblement de travailler, soeur sourire à coté c'est soft ! sans doute pas réveillée, elle me prie de m'assoir en me jettant un : "je vous écoute" qui visiblement n'installait pas la relation dans l'empathie ni même la sympathie.

Je suis venue sans papiers, elle n'a pas aimé!

Mes démarches n'étaient pas celles de quelqu'un de désemparée, elle n'a pas aimée non plus!

Je cherchais à construire un projet professionnel ayant du sens: foutaises!

Je cherchais une vie professionnelle épanouissante   dont le motif premier n'était  pas purement alimentaire ou économique: billevesées.

On ne me paye pas pour penser ni même réfléchir, on me paye pour chercher activement un emploi: esclave chez Mac do, laveuse de vitres spécialisées, caissière en mal d'emploi avec son bac+4. Peu importe mais il faut que je travaille,  avec des contrats précaires   si il le faut ...mais que je travaille... et assainir alors les comptes de la liste de chômeurs.

J'ai dès lors été convoquée a la DDTE où j'ai eu un avertissement:

Mais dans ma bibliothèque, toujours,  trône les livres de Raoul Vaneigem dont mon préféré : Nous qui désirons sans fin...

 ...

 

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Commentaires

C'est là tout le problème... Qu'est-ce qui prime? Ma conception du monde ou la réalité du monde? Sur un autre forum tu parles des principes de plaisir et de réalité... Sur les limites du principe de plaisir nous sommes presque tous d'accord, mais sur celles du principe de réalité, ce n'est aussi simple? Où commence la réalité?
La position "bornée" des ASSEDIC est intéressante à ce titre. Elle constitue "une" réalité. Que faisons nous face à cette réalité? Est-ce qu'on la combat (en militant dans des assos de chômeurs par ex.)? Est-ce qu'on la détourne (fausses déclarations de recherche de travail)? Est-ce qu'on la refuse (plutôt faire la manche que d'accepter les conditions proposées)? Est-ce qu'on l'accepte (OK, je vais bosser chez Mc Do)?
Le problème se trouve en fait moins dans la réalité elle-même que dans les options que l'on choisit face à elle et surtout de la manière où on assume ces options ensuite.
D'accord, parmi mes livres de chevet on trouve le Walden de Thoreau et le Traité du Rebelle de Jünger !
(Je sais, j'aime bien gratter là où ça chatouille !)

Ecrit par : stephane | 07.09.2005